Vous pensiez que les vidéos d’animaux torturés sur les réseaux étaient l’œuvre de quelques psychopathes isolés C’est malheureusement beaucoup plus organisé que ça.
Des réseaux internationaux produisent désormais des vidéos dans lesquelles des animaux sont torturés sur commande, parfois selon les demandes de ceux qui paient derrière leur écran. Chats, chiens, singes, lapins, oiseaux, tortues…
Les sévices sont filmés, diffusés dans des groupes privés, vendus et monétisés. Et il y a une demande. Une vraie.
Des gens paient pour regarder un animal souffrir depuis leur canapé. Ce n’est pas une rumeur sortie des bas-fonds d’Internet.
Feline Guardians, qui enquête sur les réseaux de torture de chats, a documenté des milliers de contenus et décrit des groupes structurés opérant notamment sur des messageries et plateformes en ligne. L’organisation alerte également sur l’exposition et le recrutement de jeunes, y compris de mineurs, pour alimenter ces réseaux. Le phénomène est devenu suffisamment grave pour arriver jusqu’à l’Assemblée nationale française.
Juillet dernier, des députés ont officiellement interpellé le Gouvernement sur ces « réseaux internationaux diffusant des vidéos de torture d’animaux réalisées sur commande ». La Fondation Droit Animal, le Jane Goodall Institute France, le WWF, la LPO et IFAW France font notamment partie des organisations ayant alerté sur ce phénomène.
Et le ministère de la Justice indique que 55 poursuites pour “animal crushing” ont été engagées en France depuis 2022. Mais le plus inquiétant est peut-être ailleurs.
À force de transformer chaque provocation en buzz et chaque clic en monnaie, certains ont découvert que la souffrance animale pouvait elle aussi devenir un produit.
On filme pour faire rire.
On partage pour faire des vues.
On vend pour gagner de l’argent.
Et désormais, certains paient pour commander la prochaine victime.
Des jeunes sont exposés à ces images. Certains sont approchés ou recrutés par ces communautés. Et à force d’être consommée comme n’importe quel autre contenu, la violence risque de devenir un spectacle que l’on regarde, que l’on partage et, pour certains, que l’on achète. Mais nous n’avons pas attendu ces rapports pour découvrir ce phénomène.
La Ligue Des Animaux a elle-même déjà identifié des vidéos de ce type circulant sur les réseaux sociaux. Lorsque nous en trouvons, nous documentons. Nous signalons. Nous dénonçons. Et lorsque les éléments le permettent, nous engageons les démarches nécessaires pour que leurs auteurs soient poursuivis.
Parce que derrière chaque vidéo, il y a un animal réel.
Et derrière chaque partage, chaque abonnement et chaque euro versé à ces réseaux, il y a quelqu’un qui contribue à créer une demande pour la prochaine vidéo. C’est peut-être cela, le plus effrayant.
Hier, certains filmaient la cruauté pour faire le buzz. Aujourd’hui, d’autres la regardent, la financent et peuvent aller jusqu’à commander les sévices qu’ils veulent voir.
La Ligue Des Animaux continuera donc à traquer ces contenus, à les documenter et à les signaler. Pas pour leur offrir davantage de visibilité, mais pour que ceux qui transforment la souffrance animale en spectacle comprennent que leurs vidéos peuvent aussi devenir des preuves.
Et nous appelons chacun à ne jamais repartager ces images pour « dénoncer » en leur offrant malgré lui des milliers de vues : signalez-les et transmettez-les aux associations ou aux autorités.
Ils ont fait de la torture un contenu.
Certains en ont fait un commerce.
Nous en ferons des pièces à conviction.
Parce qu’aucun animal ne devrait souffrir pour faire des vues.


