Faux enlèvement d’Albert le carlin : une réalité dramatique derrière un canular de bien mauvais goût

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Capture d’écran du compte instagram de Cyril Schreiner

 

Fin janvier, l’influenceur Cyril Schreiner, qui partage des vidéos de ses carlins Albert et Christine avec des millions d’abonnés sur Instagram, Snapchat et TikTok, annonçait le vol de son chien Albert dans son jardin. Quelques jours plus tard, face aux doutes de nombreux internautes quant à la véracité de ses déclarations, il était contraint d’avouer la mise en scène de cet enlèvement. Un canular de bien mauvais goût quand on sait que des milliers de vols d’animaux ont lieu chaque année, laissant des propriétaires inquiets et désemparés face aux incohérences juridiques. Cette affaire aura au moins eu le mérite de mettre en lumière deux réalités : l’utilisation honteuse de la cause animale pour faire le buzz, mais aussi le vol d’animaux, un phénomène malheureusement en hausse.

 

Le 30 janvier dernier, les yeux rougis par les pleurs, l’influenceur Cyril Schreiner annonçait le kidnapping de son chien Albert. Ce petit carlin prêt à tout pour voler la nourriture de son maître provoquait l’hilarité d’un million et demi de personnes sur Instagram et Snapchat, et de plus de 8,4 millions sur TikTok. Émus par cette nouvelle, les internautes ont commencé à partager les vidéos de Cyril Schreiner afin de l’aider dans ses recherches. Mais les incohérences du récit, ainsi que la mise en scène de la disparition à travers des publications présentées comme des « teasers », ont rapidement semé le doute. Quelques jours plus tard, l’influenceur était contraint d’avouer qu’il s’agissait d’une mise en scène, décevant des milliers d’internautes qui s’étaient investis non seulement émotionnellement, mais aussi, pour certains, en temps et en argent.

 

Comme l’a fait remarquer l’association WAF, fondée par Nathalie Loiko après le vol de son chiot il y a quatre ans, ce canular a empêché certaines personnes dont les animaux avaient réellement été volés de bénéficier de la visibilité nécessaire pour être aidées. L’association YouCare, engagée dans la défense des animaux et de la biodiversité, a quant à elle porté plainte pour pratique commerciale trompeuse. Selon elle, cette supercherie, notamment via la redirection des abonnés vers Snapchat, qui rémunère les influenceurs en fonction du nombre de vues, visait avant tout à faire le buzz et à augmenter les revenus de Cyril Schreiner. Plus largement, cet épisode interroge sur le rapport de certains influenceurs à leurs animaux et rappelle d’autres cas de mise en scène ou de maltraitance animale à des fins lucratives.

 

Néanmoins, cette affaire aura eu le mérite de mettre en lumière un problème bien réel pour de nombreux propriétaires de chiens et de chats : le vol d’animaux serait le troisième trafic après ceux des armes et des stupéfiants, et concernerait environ 75 000 chiens par an. Certaines races, comme les Spitz par exemple, peuvent se revendre très cher sur des plateformes de petites annonces comme LeBonCoin. D’autres animaux sont utilisés pour la reproduction, voire pour des combats clandestins.

 

Si les conséquences psychologiques de ces vols sont bien réelles, nos animaux étant souvent des membres à part entière de nos familles, la loi, elle, continue de les assimiler à des biens. En effet, voler un animal revient juridiquement à voler un objet, une incohérence juridique puisque les animaux sont reconnus comme des êtres vivants doués de sensibilité par le droit français depuis 2015. Toute personne reconnue coupable encourt théoriquement jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Des peines qui peuvent paraître bien dérisoires au regard de la détresse psychologique qu’un tel acte provoque chez les propriétaires.

 

S’il est nécessaire de faire évoluer la loi, certaines mesures permettent néanmoins de réduire les risques de vol :

 

  Faire identifier son animal par puce électronique rend sa revente beaucoup plus difficile : chez le vétérinaire, l’identité du propriétaire légal peut être vérifiée.

       Le tenir avec une laisse solide, difficile à sectionner.

   Ne pas laisser son chien seul dans un jardin ou attaché devant un commerce.

       En cas de vol, réagir immédiatement en déposant plainte. Les forces de l’ordre ont l’obligation de l’enregistrer. En cas de refus, il est possible de saisir directement le procureur de la République.