Rencontre avec Suzane :  « Un animal, ce n’est pas un cadeau, c’est une responsabilité »

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Connue pour ses textes à fleur de peau et son énergie sur scène, Suzane ne se contente pas de faire vibrer le public : elle porte aussi des convictions fortes. Parmi celles-ci, la cause animale occupe une place essentielle.

Marquée dès l’enfance par la présence d’animaux à ses côtés, l’artiste évoque aujourd’hui sans détour les réalités de l’abandon, encore trop fréquent, et les dérives d’un système qui considère trop souvent les animaux comme de simples objets. À travers son témoignage, elle rappelle une chose essentielle : adopter un animal, c’est s’engager pour toute une vie.

On te connaît pour ta musique, ta voix, ton univers… mais on te découvre aussi engagée sur un sujet fort : la cause animale. D’où vient cette sensibilité chez toi ?

Je suis née dans une famille où les animaux en faisaient partie aussi. J’ai partagé mon enfance avec mon chat Baghera et mon chien Joy, et c’est sûrement cela qui fait qu’aujourd’hui je suis très sensible à la cause animale.

On imagine souvent le petit chiot sous le sapin, les enfants émerveillés… sauf qu’après, c’est une vie entière à assumer. Tu as déjà été témoin ou entendu des histoires d’abandons qui t’ont marquée ? Comment réagis-tu face à ces situations ?

Malheureusement, j’ai souvent entendu ou même été témoin d’abandons. Je me souviens d’un été où j’avais croisé un chiot staff, sous 40 degrés. D’après des témoins, sa mère avait été abandonnée sur le bord de la route avec ses deux chiots. Je n’ai jamais retrouvé la mère ni l’autre petit, mais j’ai réussi à sauver Una, qui aujourd’hui a une vie merveilleuse avec son humaine Lola.

Je pense souvent à elle lorsque je vois le nombre de staffs, de malinois… Toutes ces races que l’on stigmatise et que l’on condamne à rester derrière des barreaux, ou pire, à subir l’euthanasie.

Tu penses que la société banalise encore trop l’abandon ?

La société pense encore que les chiens sont des objets, des cadeaux à mettre sous le sapin, un “achat” compulsif… Tant que le système n’aura pas changé, tant qu’il y aura un commerce de chiens, tant qu’on ne changera pas notre regard sur la sensibilité des animaux, l’abandon continuera d’augmenter et d’être banalisé.

Si tu pouvais parler directement à quelqu’un qui pense acheter un animal pour Noël, tu lui dirais quoi ?

Je lui dirais que son cadeau de Noël va vivre environ 10 à 15 ans à ses côtés. Qu’il va falloir s’en occuper chaque jour : lui donner à manger, à boire, le sortir trois fois par jour, le caresser, jouer avec lui, lui offrir un panier confortable, l’emmener en vacances… Je lui ferais la longue liste de tout ce qui est nécessaire au bien-être d’un chien.

Est-ce que cette cause t’inspire aussi dans ta musique ?

Cette cause est omniprésente dans ma vie et j’espère un jour la retranscrire en chanson.
La Corrida de Francis Cabrel est une magnifique chanson sur la cause animale. J’espère réussir à en faire une aussi belle et nécessaire.